L'histoire du Mulan Quan


Ce style trouve ses racines dans un Art Martial ancestral, le Huajia Quan, mêlant des mouvements de danse folklorique chinoise et de Wushu. Il faisait partie des techniques appelées Huaquan Xiutui, littéralement « poings fleuris et jambes de brocard » et passait pour n'avoir aucune valeur au combat.

Durant la prospère Dynastie Ming (1368-1644), les arts et la culture se développèrent. Les démonstrations de Wushu devinrent des spectacles et de toutes les campagnes accouraient en ville des experts d'Arts Martiaux qui devinrent vite des artistes de rue. Le résultat fut, qu'à cette époque, de plus en plus de formes artistiques de Wushu virent le jour. L'opéra chinois et la danse traditionnelle puisèrent largement dans ce réservoir d'inspiration. Le Huajia Quan, par l'esthétisme de son geste, était l'un des styles phare de cette nouvelle tendance.
S'il gagna en notoriété, grâce aux perspectives artistiques qu'il représentait, il perdit par contre sa nature martiale et toute crédibilité défensive. Un officier de la dynastie Ming, Qi Jiquan, interdit même à ses soldats de le pratiquer. Pour le peuple, par contre, l'efficacité au combat n'était pas toujours une priorité et il continua donc d'entretenir ce style. 

En 1949, le Huajia Quan était en voie d'extinction, Yang Wendi en était la dernière héritière. Avec un petit groupe d'élèves, elle innova et réforma le style, puis le transmit à Zhou Xian Miao (une des fondatrice de l'école de "Da Shi Jie") et Ying Mei Feng. Cette dernière pratiqua de longues années, elle perfectionna les postures et l'énergie de ses mouvements, leurs rythmes et leur efficacité, pour perpétuer la tradition du Huajia Quan.

Durant la révolution culturelle (1966-1976) Ying Mei Feng fut envoyée à la campagne et tomba plusieurs fois malade. À son retour, elle reprit la pratique de son art martial, en y ajoutant des principes de Qi Gong et de Taï Chi, dans le but de l'orienter vers des techniques de santé et d'équilibre.

En adaptant le Huajia Quan, elle créa le Mulan Quan, qu'elle nomma ainsi en l'honneur de l'héroïne chinoise, Hua Mulan, popularisée dans le monde occidental par Walt Disney (voir chapitre « Légende de Mulan »). Elle destina cette discipline aux femmes, en cultivant des mouvements où l'esthétisme égalait les bienfaits physiologiques.

« Le Mulan Quan a été créé pour aider les femmes à se défendre et devenir plus saines et plus belles » a déclaré Ying Mei Feng dans une interview en 2000. Dans un premier temps, elle conçu six séries de 52 à 82 mouvements chacun, qu'elle simplifia par la suite, pour faciliter la pratique des participants aux concours ou des personnes pratiquant pour leurs loisirs.

Bien que ce style porte l'appellation de Quan (poing), l'exécution de certaines formes exige une ou deux épées, un ou deux éventails, un sabre,  des poignards, un ou deux cerceaux. etc...
D'un point de vue médical, plusieurs instituts dont l'Institut d'Education Physique de Shanghai, ont mené des recherches et ont conclu que la pratique du Mulan Quan réduisait les problèmes articulaires, d'hypertension, du système cardiovasculaire et cérébrovasculaire ainsi que les complications de l'utérus et des glandes mammaires. 

En 1988, l'association chinoise de Wushu reconnut officiellement le Mulan Quan comme le 130e Art Martial Chinois.

Il y a aujourd'hui plus de 300 organismes enseignant le Mulan Quan, sur Shanghai et sa région.


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